Added; 28/01/2015

Par , Journaliste

"A 71 ans, Dan Cebile lance CAP133, la plus grande base de données française sur l’achat public. Rien que sur 2013, il a numérisé près de 80% de la commande publique.

Les faits - L’Etat n'a jamais donné d'instructions aux acheteurs publics sur la manière de référencer leurs commandes qui, elles, doivent être mises à disposition. Dan Cebile a passé quelques années à digérer des quantité astronomiques de données, pour les formaliser dans un nouveau service."


"Dan Cebile a un profil de démineur. Obstiné, il a décidé de devenir entrepreneur et de monter sa start-up à 71 ans ! Sa mission : apporter plus de transparence aux marchés publics. «Dès demain, on pourra tout savoir sur la commande publique en France.» Ce jeudi, il lance CAP133. CAP pour Club de l’Achat Public, une énorme base de données dans laquelle il a répertorié avec son équipe les principaux marchés publiques attribués de 2011 à 2013. Un projet de longue date : en juin 2013,il avait d'ailleurs obtenu une mention spéciale du Jury lors du concours Dataconnexion, organisé par Etalab. 133, en référence à l’article 133 du code des marchés publics.

Dan Cebile ne désarme pas: «Je m'attaque bientôt à l'année 2014 et à titre d'illustration, j'ai référencé 200000 marchés sur 2013 et 20% des acheteurs publics en France, soit 80% de la commande publique en valeur». Et donc l'équivalent de plus de 100 milliards d'euros de commandes. Collectivités, établissements hospitaliers, agences de l'Etat... ce travail titanesque lui permet de caractériser et détailler quelque 3000 politiques d'achats publiques, de référencer 110000 entreprises et 45000 profils d'acheteurs.

«Pour chaque entreprise pour laquelle je dispose des numéros Siret et Siren, un partenariat avec le Bureau Van Dijk me permet de connecter les bases de données et de fournir des informations complémentaires aux acheteurs, comme le bilan d'un prestataire». Pour les entreprises concurrentes ou les cabinets d'études, CAP133 pourrait devenir un outil d'intelligence économique incontournable.

«L'article 133 oblige tout acheteur à publier les commandes supérieures à 20 000 euros. Un montant trop élevé car l'absence de données sur des marchés inférieurs exclut les TPE et certaines PME. Or deux tiers des marchés publics sont des marchés récurrents, c'est-à-dire renouvelables ! On ne peut donc pas dire que le législateur entend aider les petites entreprises», explique-t-il. Aussi, «le législateur envisage de fixer le seuil de publication à 30000 euros et à Bercy, certains rêvent de supprimer l'article 133». A l'heure où la transparence est dans la bouche de tous les hommes politiques, la pilule risque de ne pas passer.

Peut-être faudrait-il mieux commencer par supprimer certaines incompatibilités juridiques, vrais paradoxes administratifs : la loi du 17 juillet 1978 précise que toute personne peut accéder aux documents publiés par des administration. «Le problème est qu'une exception dans le code des marchés publics limite cette possibilité de consultation aux entreprises ayant concouru à un appel d'offre». Nous nageons donc en pleine contradiction.

La difficulté du projet de Dan Cebile était de récolter la documentation nécessaire auprès d'une multitude d'administrations et de la transposer dans une base de données : «Astuce, négligence ou acte volontaire du législateur? Ce dernier a oublié de créer un format, un standard permettant aux acheteurs publics de référencer leurs données.»

Loin de certains clichés et des marchés truqués et «malgré des choses étonnantes, on trouve des pépites, à savoir des acheteurs qui font attention aux prestataires, qui les aident à se développer». Entrepreneur attentionné, Dan Cebile s'apprête aussi à publier un livre blanc à destination des acheteurs publics, forme de guide de bonnes pratiques.

CAP133 proposera une version de sa base en accès gratuit, fournissant des abstracts sur des marchés et des chiffres clefs. Les intéressés désirant en savoir davantage ou accéder par exemple aux coordonnées et au profil d'un acheteur devront acheter des crédits qu'ils pourront dépenser de différentes manières sur la plate-forme. «Si une entreprise veut avoir une idée des fournisseurs de défibrillateurs dans une région ou en France, il peut payer et aura accès à l'intégralité du fichier», conclut-il."

L'article dans son intégralité en cliquant sur le lien suivant:
Marchés publics : CAP133 lance son outil de déminage



 

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